samedi 19 février 2011

Douceurs


Étrange week-end en sommes, un climat changeant, un visionnage de TekkonKinkreet, et puis son regard qui m'obsède depuis plusieurs jours déjà. C'est peut être la raison de mes retards. Donc on va faire dans le soft aujourd'hui, pas de grosses basses ni de kick qui vont vous faire perdre la tête. Juste de la douceur, en espérant ne pas tomber dans la mièvrerie.

Pour cela on débute avec Melodium. Alors honte à moi, car Melodium aka Laurent Girard est un artiste local, un angevin donc, et dont je n'avais jamais entendu parler et je n'aurai jamais connu sans l'aide de Chroniques électroniques. En effet à la lecture de leur chronique de l'EP, Petit Jama, j'ai senti que je ratais quelque chose (comme bien souvent) et vous aussi si vous ne connaissez pas encore la musique de Melodium. Elle est magique. Abandonnez tout ce que vous faite et laissez emporter par la musique de Melodium, avec l'écoute déjà de son EP Petit Jama ici puis par l'écoute de son dernier album Palimpse. Et puis partager cet artiste, il le mérite grandement.


On enchaine ensuite avec le Chapelier Fou, non pas celui d'Alice au pays des merveilles. Mais ce Chapelier fou là, alias Louis Warynski. Cet artiste m'a interpellé car d'une part c'est un vrai musicien, qui ne s'enferme pas dans une seule case et qui creer un style qui lui est propre, puis d'autre part car c'est un utilisateur du monome, controleur dont je parlerais plus tard et qui est cher à mon coeur.


Poursuivons avec FUSE, un des premiers pseudonyme utilisé par Richie Hawtin. Voici un morceau, Nitedrive, issu de l'album Dimension Intrusion sorti en 1993. Ce morceau sort de nul part, je pourrai l'écouter sans interruption pendant de longues heures.


Et enfin un peu de Gr†IIgr†II pour conclure cet article rapide, sans trop de texte car cela est inutile, il suffit de se laisser porter par la musique tout simplement.


mercredi 9 février 2011

Hold Fast


Un petit article pour vous signaler que je suis toujours là. Un manque d'activité passagé car je suis très occupé par de nombreux projets comme par exemple un nouveau mix Immersion (oui ça faisait un moment déjà ça aussi), l'écriture d'un article traitant du lien entre musique et cinéma, la première sortie d'un EP et la réalisation d'un autre EP (voir un album qui sait ?), bref du lourd. Mais je vous en reparlerais très très prochainement et en temps voulu. Patience.

Alors, peu de description, aujourd'hui donc. On commence par Azari & III, un duo de Toronto qui font leur petit bout de chemin avec des releases de qualités comme par exemple leur EP Indigo sorti en 2010 sur Turbo (quand même). Bref ça envoie.


Enchaînons ensuite avec un remix de Nhar par Kolombo dont j'aime beaucoup ces productions et notamment ces collaborations avec Compuphonic. À noter que Kolombo a réalisé un remix du morceau Into the night d'Azari & III.


Bibio aka Stephen James Wilkinson est un artiste britannique qui a un goût prononcé pour la musique expérimentale (même si ça reste très accessible hein, c'est plus electronica/pop, n'ayez pas peur du mot "expérimental") qu'il a découvert durant ces études. Et heureusement, car j'aime beaucoup ces productions et ces albums comme Vignetting the Compost, Ovals & Emeralds ou encore Ambivalence Avenue (peut être mon préféré, je vous le conseille fortement). Ainsi j'ai été heureux d'apprendre la sortie prochaine de son nouvel album (toujours sur le label Warp, après Ambivalence Avenue), Mind Bokeh prévue pour le 4 avril. Bref j'ai hâte. En attendant cette sortie, je vais me réécouter Ambivalence Avenue avec notamment le morceau Sugarette.


"Excuses" extrait du nouvel album de Bibio, Mind Bokeh.

Et pour cloturer en beauté cet article mais aussi pour vous faire part de ce qu'il vous attend dans le prochain article,voici Plaid avec le morceau This City extrait de la BO d'Amer Béton ou Tekkon Kinkreet, manga japonais de Taiyo Mastumoto. Bon alors je n'ai jamais vu ce film, mais la BO me fait grandement envie, alors je vais essayer de me le dégotter vite fait pour profiter au mieux de cette OST magnifique.


Enjoy.

samedi 22 janvier 2011

Musique pour une exposition


En ce moment c'est l'exposition de Monet au Grand Palais à Paris. Outre l'énorme succès de l'exposition, ce que je retiens c'est que celle-ci se déroule 24h/24h. Et c'est dans ces moments là que je regrette de ne pas être parisien. J'aurais aimé me balader dans un Paris désert alors que le soleil n'est pas encore levé, arriver devant le Grand Palais frigorifié mais vivant, et être ébloui par le talent de Monet et le tout accompagné par une musique féerique, invitant au rêve et à l'émerveillement.

Cette musique pourrait être par exemple pour débuter celle du couple Burial et Four Tet, qui se sont associés en 2009 pour produire deux morceaux géniaux, Moth/Wolf Club. Franchement jetez vous dessus, de la grande qualité et un travail remarquable de la part des deux producteurs britanniques. Les beats caractéristiques de Burial allié à la virtuosité de Four Tet, font de ces morceaux des valeurs sures. Personnellement j'ai une préférence pour Wolf Club.


Ensuite on poursuit avec Sinner DC, ce sont trois suisses qui produisent une musique éthérée, galactique et sensuelle. J'ai beaucoup aimé leur album Crystallized avec des morceaux comme Aniway, V ou encore Golden Horses. Leur musique est ambitieuse, mais sans jamais tomber dans la prétention, c'est assez magique je dois dire. Ils ont été également remixés, dans un EP, Crystal EP avec des remix de Rone notamment ou encore Cubenz. Laissez vous envoûter par la pop synthétique de Sinner DC, avec tout d'abord "On & On" puis par le remix de Rone de The Medium is the Message.



Enfin pour terminer, Few Nolder alias Linas Strockis qui est un producteur lituanien. Je l'ai découvert sur un podcast de Nil Hartman, pour Goûte Mes Disques, avec son morceau Top. Few Nolder a produit un album en 2009, New Folder. Celui-ci est vraiment très bon et très accessible pour ceux qui ont un esprit plutôt ouvert en terme de musique, ce que je ne doute pas chers lecteurs. Few Nolder nous sert une musique oscillant entre electronica, house et techno. Bref un excellent album avec de nombreux titres percutant et des rythmiques géniales comme No Mo, Brenn, Fluttery ou encore Chika. Bref le choix fut difficile pour moi pour la sélection des morceaux c'est pourquoi j'en poste plusieurs.





samedi 15 janvier 2011

Machine célibataire

Presse hydraulique, Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

"Je connais, dit l'homme de science, un nombre important de vérités, et je forme une idée suffisante de celle que j'ignore. Je sais ce que c'est qu'une machine, et comment il arrive qu'un écrou sautant détruit tout, faute d'un peu de soin, faute d'une attention de quelques minutes, et toujours parce que l'homme de l'art n'a pas été consulté en temps opportun. C'est pourquoi je réserve une part de mon temps pour la surveillance de cette machine composée que j'appelle mon corps. C'est pourquoi, dès qu'il y a symptôme de frottement ou grincement, je me livre à l'homme de l'art pour qu'il explore la partie malade ou supposée telle. Et par ces soins, selon les avertissement de l'illustre Descartes, je suis assuré, les coups du sort mis à part, de prolonger ma vie autant que le comporte l'instrument que j'ai reçu de mes pères. Et voilà ma sagesse" Il parlait ainsi, mais il vivait tristement.

Alain, Propos sur le bonheur, 20 avril 1923.



Titre, Marcel Duchamp.

vendredi 7 janvier 2011

Nouvelle plongée


Après une petite période de révisions et d'examens, le Scaphandrier revient pour une nouvelle année et tient à vous souhaiter une heureuse année 2011, que celle-ci soit riche de plaisir auditifs et que de nombreuses découvertes musicales viennent à vos oreilles.

Cela fait exactement un an que le Scaphandrier a réalisé sa première plongé dans les profondeurs sonores. Un an c'est long mais court à la fois, il me reste tant de choses à vous faire découvrir, tant de projets à vous faire part, tellement de conneries à écrire. Parce que oui durant cette année 2010 j'en ai dit des conneries, il faut bien accompagner les morceaux. Ça doit bien remplir quelques pages en tout cas. Mais au moins durant cette année 2010 j'ai réussi à attendre l'objectif que je m'étais fixé le soir de la création du blog : faire découvrir la musique que j'apprécie à d'autres et que ces derniers puissent l'apprécier par la suite. Et ça c'est déjà quelque chose d'énorme et je suis fier d'avoir accompli cette mission.

C'est pourquoi j'ai décidé de prolonger l'expérience de plongé acoustique. Le Scaphandrier est paré pour une nouvelle année.

On débute avec quelqu'un que vous avez pu découvrir notamment sur l'EP Libera Me de Mondkopf et même ici au travers d'un mix qu'il m'a généreusement autorisé à vous faire partager. Il s'agit de Gohan producteur mais aussi rédacteur du blog Peur Bleue, que je vous conseille vivement d'y jeter un coup d'oeil. Je suis vraiment admiratif de son travail tant au niveau de ses productions que de ses ces mix dont je vous conseille là encore l'écoute, ils sont tous excellents. Je vous laisse donc avec un de ses morceaux que j'aime beaucoup, Running To The Ghost, accompagné d'un très bon clip, réalisé par Marz.


On enchaîne avec un de mes morceaux de cette fin d'année 2010, Kenton Slash Demon sont aux commandes avec Matter. Une track vraiment excellente, quand on l'écoute, il est difficile de résister. On se laisse entraîner par le tempo et nous voilà parti dans les profondeurs de l'espace.


Caribou a été pour moi une révélation lors de cette année 2010 (je ne connaissais absolument pas, avant son album Swim). Ainsi je me suis réjoui de savoir qu'un album de remix avait été réalisé, je dois dire qu'il est aussi très bon, mais à écouter par petites touches. Et puis je me suis rendu compte qu'un remix manquait. Et oui, un remix qui aurait du figurer sur cet album, et qui malheureusement ne l'est pas. Alors pour réparer cette injuste erreur, je vous fais part du remix de Sun par Kidstreet, à vous de juger. Il est téléchargeable ici.


Enfin pour finir, quoi de mieux que Oneothrix Point Never. En 2010 il a sorti un album génial, Returnal qui aurait du figurer dans mon top 2010 si j'avais pu l'écouter avant, avec des morceaux magnifiques comme Stress Waves, Describing Bodies ou encore Returnal. Cet américain originaire de Boston, nous livre une musique psychédélique, expérimentale et vraiment très agréable à écouter. Donc on termine ce premier post avec Oneothrix Point Never et son morceau Betrayed in the Octagon.

mardi 14 décembre 2010

Classement 2010

Voilà je pense qu'il est temps d'effectuer ce classement. Pour ma première année dans la blogosphère, l'année 2010, il y a eu pas mal de sorties intéressantes, des déceptions, des surprises et des confirmations. Ainsi dans ce "classement" je vais tenter tant bien que mal, de faire un petit bilan des sorties qui m'ont marquées cette année. Il s'agit là d'un classement tout à fait personnel, car je suis certainement passé à coté de très bonnes choses qui ne seront pas présente ici. J'ai essayé de choisir de manière assez rigoureuse les albums qui ont su attirer mon attention, et sur lesquels, je n'ai pas de difficulté à revenir et cela à n'importe quel moment. J'ai essayé aussi de prendre en compte la cohérence entre les morceaux au sein de l'album. D'autre part je suis incapable de classer par un ordre de préférence en choisissant de mettre en tête tel album tandis de mettre celui là en fin de classement, car pour la simple et bonne raison que chaque album a su se démarquer d'une manière qui lui est propre et qui a su me toucher. Bref pas de classement en soit, mais plus une sélection des meilleurs albums de cette année.

Voici par conséquent, le premier classement des albums de l'année 2010 du Scaphandrier :


Four Tet - There Is Love In You (Domino, janvier)


Ripperton - Niwa (Green, février)


Pantha du Prince - Black Noise (Rough Trade, février)


Scuba - Triangulation (Hotflush Recordings, mars)


Bonobo - Black Sands (Ninja Tune, mars)


Caribou - Swim (City Slang, avril)


Crystal Castles - Crystal Castles (II) (Fiction record, mai)


Panda Valium - Bubo (Edelweiss, mai)


Flying Lotus - Cosmogramma (Warp, mai)


Efdemin - Chicago (Dial, mai)


Applescal - A Mishmash Of Changing Moods (Traum Schallplatten, mai)


Arandel - In D (Infine, juin)


Emeralds - Does it look like i'm here ? (Ed. Mego, juin)


Dragoide - Prisma (Suonofantasma, juin)


Lorn - Nothing Else (Brainfeeder, juin)


Mount Kimbie - Crooks & Lovers (Hotflush Recordings, juillet)


Shed - The Traveller (Ostgut Ton, août)


Matthew Dear - Black City (Ghostly International, août)


Tzolk'in - Tonathiu (Ant-Zen, septembre)


Salem - King Night (Iamsound, septembre)


John Roberts - Glass Eights (Dial Record, octobre)


Gold Panda - Lucky Shiner (Ghostly International/Notown, octobre)


Christopher Rau - Asper Clouds (Smallville, novembre)


Jatoma - Jatoma (Kompakt, novembre)


Igorrr - Nostril (Ad Noiseam, novembre)


Matta - Prototype (Ad Noiseam, novembre)


Sélection très éclectique avec l'apparition de nouvelles têtes auxquelles il va falloir faire très attention durant les prochaines années avec notamment Panda Valium, Jatoma, des confirmations avec Gold Panda et des valeurs sures comme par exemple Pantha du Prince. Bref une belle année tout de même, l'année 2011 risque d'être tout aussi riche avec des artistes comme Shigeto, Balam Acab ou encore Mondkopf, dont on attend avec impatience les albums.


dimanche 12 décembre 2010

America


"J'empoignais la guitare. C'était une excellente Ediphone. Ce n'est pas très commode de jouer assis par terre, et je dis à Dick :
- Ça ne vous fait rien que j'aille chercher le coussin de la bagnole ?
- Je vais avec vous, dit Jicky
Et elle fila comme une anguille à travers les branche.
Cela faisait un drôle d'effet de voir ce corps de gosse, sous cette tête de starlette, au milieu des buissons pleins d'ombres foncées. Je posai la guitare, et je la suivis. Elle avait de l'avance, et, quand j'atteignis la voiture, elle revenait déjà, chargée du lourd siège en cuir.
- Donnez ça ! dis-je.
- Laissez-moi tranquille, Tarzan ! cria-t-elle.
Je n'écoutai pas ses protestations, et je la saisis par derrière comme une brute. Elle lâcha le coussin et se laissa faire. J'aurais pris une guenon. Elle dut s'en rendre compte et se débattit de son mieux. Je me mis à rire. J'aimais ça. L'herbe était haute, à cet endroit-là, et douce comme un matelas pneumatique. Elle glissa sur le sol et je l'y rejoignis. Nous luttions tous les deux comme des sauvages. Elle était bronzée jusqu'à la pointe des seins, sans ces marques de soutien-gorge qui défigurent tant de filles nues. Et lisse comme un abricot, nue comme une petite fille, mais, quand je réussis à la tenir sous moi, je compris qu'elle en savait plus qu'une petite fille. Elle me donna le meilleur échantillon de technique que j'aie eu depuis bien des mois. Sous mes doigts, je sentais ses reins lisses et creusés, et, plus bas, ses fesses, fermes comme des melons d'eau. Cela dura dix minutes à peine. Elle fit mine de s'endormir, et, au moment où je me laissais aller à fond, elle me lâcha comme un ballot et s'enfuit, devant moi, vers la rivière. Je ramassai le coussin et je courus derrière elle. Au bord de l'eau, elle prit son élan, et plongea sans une éclaboussure.
- Vous vous baignez déjà ?"

Boris Vian, J'irai cracher sur vos tombes.